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Le Bon Pasteur de la Province de Malaisie parle au nom des réfugiés privés d’eau et de nourriture qui s’entassent sur des bateaux !

Submitted by: monique
On: 18/05/2015

En tant que membre d’une coalition d’ONG dédiée aux questions migratoires et aux droits des migrants, le Bon Pasteur de Malaisie s’active pour répondre à l’urgence de la crise humanitaire qui touche les réfugiés se trouvant à présent sur des bateaux au large des côtes. Issus pour la plupart de la minorité opprimée des Rohingyas, non reconnue par l’Etat birman, ils cherchent à trouver asile en Malaisie via la Thaïlande. Les gouvernements de la région continuent à les rejeter, les plaçant ainsi dans une situation critique, pour ne pas dire désespérée.

Cette situation constitue une crise à multiples dimensions, aux racines étendues et profondes, mêlant intimement questions d’identité nationale, problèmes migratoires, trafic d’êtres humains, statut des réfugiés, droits de l’homme et responsabilités internationales et, plus fondamentalement, sens de la compassion humaine.

Ci-dessous un communiqué de presse émis par la coalition, le Groupe de Travail Migrations (GTM), qui défend la cause de ces malheureux et plaide en faveur des droits des migrants, réfugiés, apatrides, victimes de trafic et épouses étrangères. Les Services d’aide sociale du Bon Pasteur en Malaisie appuient et approuvent sans réserve ce communiqué.

Communiqué de presse:

Groupe de Travail Migrations (GTM)

Refuser l’accès aux Bateaux n’est pas une solution envisageable

Pour diffusion immédiate: 14 Mai 2015

Pour plus d’informations: Kristine Yap, kristine.wao@gmail.com / 03 7957 5636

Jessica Low, jpylow@hotmail.com

La Malaisie doit agir avec humanité et maintenir ses frontières ouvertes pour accueillir ces survivants du trafic d’êtres humains. On pense que certains parmi eux sont en mer depuis au moins trois mois.

Dans une déclaration, l’organisation bénévole Groupe de Travail Migrations (GTM), a affirmé que la récente annonce par le gouvernement malaisien de sa décision de refouler des bateaux transportant des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants, laissait présager une imminente tragédie humaine.

"Nombreux sont ceux qui cherchent à échapper à la persécution systématique et à toutes sortes d’horreurs indescriptibles en Birmanie et à la frontière bangladaise ; nombreux sont également ceux, et parmi eux des enfants, qui ont survécu à l’enfer du trafic d’êtres humains et à d’autres abus et privations," a affirmé Sumitra Visvanathan, porte-parole du GTM.

"Nous sommes atterrés et horrifiés par cette décision. Nous exhortons notre gouvernement et les agences d’Etat à accueillir, protéger et pourvoir aux besoins des nouveaux arrivants. Il n’y a plus une seconde à perdre."

La Malaisie, a-t-elle déclaré, doit donner l’exemple en tant que membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies et en sa qualité de président de l’ASEAN.

"Une réponse humanitaire urgente et coordonnée est cruciale à l’heure qu’il est. Au lieu de s’en laver les mains et d’abandonner ces milliers d’êtres humains risquant la mort en mer à leur triste sort, les autorités malaisiennes feraient bien mieux de démontrer leur capacité à gérer la crise à travers la mise en place d’un plan d’urgence efficace permettant de faire face aux besoins humanitaires immédiats de ces pauvres gens", a déclaré Sumitra.

GTM loue le dévouement de la police de Langkawi et des communautés locales qui ont su apporter une réponse humanitaire immédiate aux récentes arrivées de bateaux sur l’archipel, démontrant par là-même la capacité des Malaisiens à aider des individus en situation de détresse totale.

Le gouvernement malaisien doit cependant impérativement intensifier son action et faire de ces arrivées de bateaux à Langkawi l’élément déclencheur d’une action locale et régionale massive.  “Le droit international et notre humanité partagée exigent que nous apportions une réponse à la situation de ces personnes en leur accordant une protection internationale." nous dit Sumitra.

Les violences systémiques, les discriminations et les persécutions qui sous-tendent le besoin de protection des réfugiés Rohingyas sont une évidence. Selon la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, toute personne persécutée a le droit de demander l’asile. Même si la Malaisie n’est pas à ce jour signataire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, le droit international coutumier fait obligation au gouvernement malaisien de respecter le principe de “non-refoulement” – à savoir, le fait de ne renvoyer quiconque dans des lieux où la liberté ou la vie de la personne seraient en danger. Le Comité Exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés(HCR) a réaffirmé le droit élémentaire de chercher asile en stipulant qu’“en règle générale, les demandeurs d’asile ne doivent pas faire l’objet d’une arrestation” et doivent être accueillis par le premier Etat auquel ils demandent l’asile. En la matière, c’est la norme internationale qui doit prévaloir.

En conséquence, refouler les bateaux ne peut constituer une solution envisageable, pas plus qu’il n’est acceptable de considérer tout nouvel arrivant comme un clandestin passible d’être emprisonné et renvoyé en Birmanie ou au Bangladesh.

“Nous exhortons le gouvernement malaisien à travailler en étroite collaboration avec la société civile malaisienne et le HCR, afin de fournir dans un premier temps un secours humanitaire d’urgence à toute personne se trouvant à bord des bateaux, puis de contrôler toute arrivée de bateau afin de s’assurer que toute personne nécessitant une protection internationale puisse jouir de la plénitude de ses droits",  nous dit Sumitra.

L’ASEAN et les gouvernements des différents états se sont, depuis des années, montrés incapables de gérer des  situations similaires, malgré la persistence du phénomène migratoire.

"C’est d’ailleurs précisément à cause de cette inaction face à des violences et à des meurtres horribles pourtant connus de tous que ces trafiquants d’être humains et autres syndicats du crime ont pu prospérer. De la même façon, on a pu assister sur de longues périodes à des déplacements régionaux de grande ampleur de groupes tels que les Rohingyas, des milliers de personnes se retrouvant alors dans d’horribles camps thaïlandais de trafic d’êtres humains" affirme Sumitra.

La décision de refouler les bateaux ne fait que renforcer l’indifférence des autorités, et ne sert qu’à aggraver l’ampleur de la tragédie, ce qui équivaut à une condamnation à mort potentielle pour les femmes, les hommes et les enfants qui s’entassent à bord des embarcations.

Pas plus tard que le mois dernier, le Ministre des Affaires Étrangères malaisien a insisté sur le fait que la question des réfugiés Rohingyas devait être résolue dans le cadre de l’ASEAN.

"Nous soutenons cette initiative et nous faisons écho à l’appel du gouvernement Thaïlandais qui demande de traiter de manière urgente et durable ce dossier au niveau régional, dans le cadre d’une action concertée ASEAN/inter-agences ; pour autant, le délai nécessaire au lancement de cette opération ne doit pas nous dispenser d’apporter conjointement de l’aide aux milliers de gens qui sont en danger. Nous devons les protéger" a déclaré Sumitra.

Pétition:

Au Secrétaire Général de l’ASEAN, Son Excellence Le Luong Minh, Président en exercice de l’ASEAN au titre de la présidence tournante du Gouvernment de la Malaisie : 

Appel à une action en faveur des refugiés bloqués sur les bateaux
Nous, Soeurs du Bon Pasteur et partenaires dans la mission de Malaisie, d’Indonésie et de Thaïlande du Réseau Asie-Pacifique Justice et Paix, faisons part de notre extrême inquiétude concernant la situation dramatique des milliers de Rohingyas qui tentent d’accoster en Malaisie, en Indonésie et en Thaïlande.

En Birmanie, ils sont victimes d’une oppression sauvage, de discrimination, et ils souffrent de pauvreté. Ils ont été privés de leur citoyenneté et soumis au travail forcé ainsi qu’à des déplacements forcés en Birmanie et à la frontière bangladaise. De nombreuses personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants sont devenus la proie de trafiquants d’êtres humains. Des cas de viols à bord sur des femmes ont été rapportés.

Nous exhortons les gouvernements de Malaisie, Indonésie et Thaïlande:

  • A secourir pour des motifs humanitaires les réfugiés embarqués et à leur procurer abri, assistance médicale, nourriture et eau.
  • A respecter la vie, à leur témoigner de la compassion et à offrir protection aux plus vulnérables contre les trafiquants d’êtres humains et les trafiquants de drogue.
  • A collaborer avec d’autres pays membres de l’ASEAN pour accorder aux personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays, tels les Rohingyas, le droit à la vie et à la dignité en leur procurant des moyens d’existence.

Faites ce qu’il faut, sauvez-les maintenant !

Ci-dessous le lien vers la pétition:
https://secure.avaaz.org/en/petition/SecretaryGeneral_of_ASEAN_HELe_Luong_Minh_Chair_of_ASEAN_Govt_of_Msia_Appeal_for_action_to_save_boat_refugees/?tkgYFhb